Mercredi, le 18 Aout 2010

Les Trois Soeurs de retour de Moscou.

Le deux juillet dernier, cette production prenait l’avion pour Moscou avec l’équipe du Trident. La pièce habilement montée par Wajdi Mouawad était l’invitée du prestigieux festival Tchekhov de Moscou. Le spectacle ayant été créé en 2002, nous avons répété dix jours au Théâtre Pouchkine pour jouer trois représentations. Malgré la chaleur intense dans un théâtre sans climatisation, le spectacle a grandement touché les nombreux spectateurs curieux de cette aventure québécoise. Quel accueil de la part aussi des organisateurs du festival. Ceux-ci resteront gravés dans ma mémoire pour longtemps.

Aussi, Paul Hébert n’ayant pu être du voyage, c’est moi qui devais le remplacer. Je jouais donc dans le spectacle et la nouvelle vision que Wajdi a donné à ce personnage en a surpris plus d’un, moi le premier. J’ai pu exercer mes deux passions, le théâtre et la peinture… pour en savoir plus, je vous invite à venir voir ou revoir cette superbe production en décembre. Dépêchez vous, nous jouons que sept représentations et certains soirs sont déjà presque complets.

Je remercie également tous les interprètes, les concepteurs, les techniciens, les directrices administratives et bien sûr le metteur en scène, qui ont été du voyage. Sans toutes ces énergies, Les Trois Sœurs n’auraient pas pu revoir Moscou, ville tant convoitée dans la pièce.

De Québec, à huit heures de décalage, je salue tous les spectateurs qui ont vu cette production et je leur souhaite bon courage pour surmonter les intempéries que leur pays vit en ce moment. J’embrasse aussi les membres du festival et leur directeur que je remercie de cette invitation qui donnera sûrement des fruits. Je vous en reparlerai au cours de l’année.

Je vous souhaite une bonne fin d’été et au plaisir de se revoir en septembre avec Dom Juan de Molière.

До свидания  [da-svi-da-nya]
(Au revoir)

Gill Champagne

Lundi, le 31 Mai 2010

Souvenirs du Trident

En ce début de la quarantième année du Trident, je me rappelle mes premiers pas dans ce théâtre.

D’abord comme spectateur. C’était en 1974, nous venions de jouer Bousille et les justes de Gratien Gélinas à la polyvalente de Saint-Martin en Beauce. Comme cadeau de fin de production, on nous avait offert un voyage à Québec, au Trident, pour assister à la production Six personnages en quête d’auteur, de Pirandello, montée par M. Paul Hébert. Qui aurait dit, à ce moment-là, qu’un jour je serais celui qui programmerait les spectacles de la quarantième saison du Trident! Depuis cette première visite, je suis resté un fidèle spectateur.

C’est en 1985, à titre de comédien, que je foulais pour la première fois les planches du Trident. C’était dans la pièce Aux Yeux des hommes, de John Herbert, que le directeur, M. Guillermo de Andrea, avait programmée. Ensuite, en 1990, M. Roland Lepage m’a confié ma première mise en scène au Trident : Les Muses orphelines, de Michel Marc Bouchard.  Puis, en 2000, sous la direction de Mme Marie-Thérèse Fortin, j’ai pu réaliser pour la première fois une mise en scène professionnelle d’un texte de Michel Tremblay : À toi, pour toujours, ta Marie-Lou

Dix ans plus tard, j’amorce ma septième programmation à titre de directeur artistique du Trident. En attendant de vous revoir et de partager celle-ci avec vous, je me prépare pour un petit voyage à Moscou. En juillet, le Trident sera présent au Festival Tchekhov avec la production Les Trois Sœurs, montée par Wajdi Mouawad. À mon retour, je vous informerai de l’accueil réservé à ce spectacle qui reviendra au Trident pour sept représentations seulement en décembre.

Passez un excellent printemps. Ne ratez pas les superbes productions présentées au Carrefour international de théâtre de Québec qui nous réserve toujours de belles aventures.

Je remercie tous les artistes et tous les spectateurs qui ont fait partie de la 39e saison et je vous attends à la rentrée théâtrale, en septembre, pour fêter avec nous les 40 ans du Trident. 

Lundi, le 26 Avril 2010

BLOGUEUR INVITÉ : JEAN-SÉBASTIEN OUELLETTE

Jouer Charbonneau et le Chef. C’est un privilège.

Après un an d’absence sur la scène (trois mises en scène, du doublage, de l’enseignement), ça me fait un bien immense de renouer avec mon métier premier. Je me sens détendu, malgré l’ampleur du rôle et sa portée politique et historique. Je n’ai qu’une chose à penser, mon personnage. Ça repose.

L’inévitable doute et le trac des premiers soirs de représentations font place au plaisir de partager la scène avec Jack Robitaille, un acteur riche, sensible, brillant et un camarade merveilleux.

Quelques jours avant la première, j’ai décidé de ne pas lire les critiques de Charbonneau et le Chef. Un coup de tête peut-être. Ou une expérience. Qu’arrive-t-il quand on ne se laisse pas influencer ni en bien ni en mal par le jugement de quelques personnes? Pour l’instant, je poursuis comme un long fleuve tranquille le travail amorcé en salle de répétition avec les autres acteurs et Jean-Philippe. J’essaie de ne pas dévier de ma route. Je me laisserai sûrement tenter après les représentations, mais pour l’instant, je tiens bon.

Le public est très attentif et touché par notre spectacle. Et l’ardeur des applaudissements nous prouve que Charbonneau et le Chef est encore d’actualité.

Petite anecdote.
Quand j’étais au secondaire, l’orienteur avait une méthode infaillible pour nous aider à trouver un futur métier : un logiciel nouveau genre installé sur le superbe ordinateur de son bureau (une grosse boîte beige avec écran monochrome). Grâce à quelques questions bien ciblées et après un calcul interminable, le logiciel nous donnait une liste d’emplois potentiels qui correspondaient à nos caractéristiques personnelles. J’avais, bien sûr, répondu en espérant voir apparaître le métier de comédien, mais la première réponse au haut de la liste sortie de l’imprimante à bretelle était : curé. Voilà qu’aujourd’hui, mes propres rêves se marient aux attentes du logiciel sophistiqué. Je joue un archevêque.

Mgr Charbonneau est un personnage immensément humain. Je tente de l’incarner simplement. Avec ses forces et ses faiblesses. Et à chaque soir, je le comprends un peu plus…

Jean-Sébastien Ouellette

Lundi, le 19 Avril 2010

40 ans… 40 printemps… Noces d’émeraude !

Le 6 avril dernier, j’annonçais les spectacles de la 40e saison du Trident. Pour souligner le début des festivités, en plus des artistes de la saison, j’ai invité les cofondateurs du Trident, MM. Hubert Reid, Laurent Lapierre et Paul Hébert. Une très belle rencontre qui a été marquée par le touchant discours de M. Hébert, ce grand Don Quichotte toujours aussi amoureux du théâtre. Avec beaucoup d’émotions, il nous a rappelé les débuts de la compagnie ainsi que la toute première présentation de Charbonneau et le Chef, en mars 1971.
Cette même production terminera la 39e saison du Trident.

J’en profite pour remercier tous les spectateurs, les artistes, les concepteurs, les directeurs et les travailleurs culturels qui sont passés avant moi et qui ont fait du Trident ce qu’il est devenu.

Pour célébrer ces quatre décennies, j’ai donné rendez-vous à des artistes qui ont su marquer votre imaginaire. La saison débutera avec Molière et son terrible séducteur Dom Juan. Par la suite vous découvrirez l’auteur suédois Lars Norén qui vous présentera Kliniken : un regard touchant sur les malades dits « psychiatriques ». Les Trois Sœurs de Tchekhov, dans la mise en scène de Wajdi Mouawad, reviendront de Moscou pour sept soirs seulement. Robert Lepage nous ramène La Face cachée de la Lune, spectacle joué cette fois-ci par Yves Jacques. Une toute nouvelle Création [.  .]  de Wajdi Mouawad prendra l’affiche en mars avec des artistes du Québec, de France et de Moscou. La folle épopée politique et musicale de L’Opéra de quat’sous de Bertolt Brecht terminera cette quarantième saison.

Je vous y attends, fidèles curieux et passionnés d’un théâtre aussi précieux que l’émeraude.

Bon printemps.

Mercredi, le 10 Mars 2010

BLOGUEUSE INVITÉE : ANSIE ST-MARTIN

Nous sommes en pleine semaine de première. Il me vient des petites vagues de stress. J’en parlais justement avec Christian Michaud (notre Caligula) et Gill Champagne. Cependant, je vais faire en sorte que le stress ne vienne en aucun cas jeter une ombre sur le grand plaisir et la grande liberté que j’éprouve à incarner Ceasonia. Gill a une vision très claire et intelligente de ce qu’il veut et il connaît bien les ressorts du jeu. C’est probablement une des raisons principales qui fait que la confiance règne dans l’équipe. On se sent bien et, comme acteur, ça fait pousser des ailes! Ce sera un bon spectacle.  Notre Caligula s’amuse ferme. Le travail s’est fait dans une grande simplicité, je trouve que l’équipe est tendre. Je ne répéterai jamais assez combien je suis heureuse en ce moment. Heureuse et privilégiée que Gill m’ait demandé, il y a de ça bien longtemps déjà, d’incarner ce rôle aux côtés de Christian.

Les acteurs et actrices sont tous plus généreux les uns que les autres, je les aime tous. Nous avons une équipe de cœur et de talent. Les scénographes, les gens de la technique, les couturières… D’ailleurs, j’ai passé de nombreuses heures d’essayage, j’ai des robes qui sont des petites œuvres d’art originales. Nous avons récemment découvert le visuel du spectacle. C’est une inspiration, je ne dirai rien de plus, venez voir !

J’aime l’intelligence incisive de Camus, je me suis toujours passionnée pour la philosophie, la logique. Avant le Conservatoire, j’ai étudié l’anthropologie et j’ai flirté avec la philo. Après avoir vécu mon adolescence en Allemagne, j’étais en choc culturel, je voulais donc mieux comprendre le monde, l’humain et ses vérités. Le théâtre me ramène très souvent à ces réflexions. Le texte de Caligula nous présente une expérience grandiose.  Qu’arrive-t-il lorsqu’un homme de pouvoir fait ce qu’il veut en utilisant une logique inhumaine puisque la vie n’a pas toujours de sens?

L’absurde, on le ressent très bien en jouant. Nous allons tellement loin dans la tyrannie, cela dépasse l’entendement et donne des situations assez cocasses et même drôles. Et oui, vous allez voir,  on rit.

Mon rôle me donne une position très intéressante,  je suis là pour accompagner Caligula dans cette folie. En tant que maîtresse je passe la pièce à graviter autour de lui et tout faire pour lui. J’aime que mon personnage accompagne Caligula mais me permette aussi d’accompagner en parallèle un ami, Christian.

Je me suis beaucoup questionnée sur le rôle très dense de Ceasonia. Il y avait plusieurs pistes possibles. Tout n’est pas écrit, il y a des ellipses dans le temps qui m’obligent à chercher ses motivations et états d’esprit. Jusqu’où ira-t-elle par amour mais aussi par peur et comment doser les deux. Cette femme me touche. Elle voit Caligula qui se perd et pourtant elle reste.

Quelle belle question : Jusqu’où sommes-nous prêts à aller par amour? Jusqu’où peut-on s’oublier pour l’être adoré? Qui ne l’a jamais fait? C’est triste et touchant je trouve. Disons que je passe ma pièce à aimer un Caligula qui ne me le rend pas très bien. Et j’ai pourtant du fun, quel beau et drôle de métier!

Ansie St-Martin

Mercredi, le 24 Février 2010

CALIGULA, à quelques jours de la première.

Il y a presque deux ans, quand j’ai décidé de programmer et de mettre en scène Caligula, j’avais déjà en tête le comédien qui jouerait ce rôle. Après plus d’un mois de répétition, je ne suis vraiment pas déçu de le lui avoir confié. Entouré de neuf comédiens d’une grande générosité, Christian Michaud, atteint déjà toute l’émotion et toutes les nuances qu’exige ce grand rôle. Il nous touche, nous séduit et nous emporte dans ses idées gravement logiques malgré toute la terreur que Caligula sème autour de lui. J’ai voulu vous montrer l’humain qui se cache derrière le monstre et chercher le POURQUOI de toute cette chute dévastatrice d’un être trop jeune pour être empereur.

Nous sommes rendus aux étapes de remises en question. Il y en a toujours et c’est tant mieux. Est-ce le bon dispositif scénique? Est-ce les bons mouvements des structures qui forment le décor dans l’espace? Est-ce que les costumes seront assez résistants au jeu physique que je demande aux comédiens? Telle musique est-elle nécessaire ou vient-elle trop appuyer le propos? En manque-t-il à certains moments? Est-ce que le public sera au rendez-vous? Allons-nous manquer de temps pour réaliser tout ce que j’ai en tête?

Malgré tous ces questionnements, qui ont vite trouvé réponses, c’est avec une grande fébrilité que je vous attends, dès le 9 mars, pour vous présenter de spectaculaires tableaux mis en scène par Caligula lui-même, qui organise follement sa propre mort.

À bientôt.

Gill Champagne
Directeur artistique et metteur en scène

Lundi, le 08 Février 2010

BLOGUEUR INVITÉ : CHRISTIAN MICHAUD

Il y a deux semaines, le 21 janvier, nous commencions les répétitions de la pièce Caligula. Vendredi le 5 février nous enchainions déjà le show du début à la fin. La première chose que j’ai envie de dire c’est que ca va très vite. Il y a environ 1 an, j’appréhendais la première répétition, je me disais à quel point c’était immense comme pièce et comme rôle. J’ai donc pris beaucoup d’avance sur le travail personnel. L’apprentissage du texte a débuté en septembre, je tenais à le savoir sur le bout de mes doigts pour débuter les répétitions. Oui, c’est immense mais oh! combien stimulant et excitant. L’équipe est formidable, tout le monde plonge dans l’univers de Camus avec bonheur.

C’est une chance extraordinaire que j’ai de jouer un personnage comme celui de Caligula. Ce texte est tellement bien écrit que nous en venons à croire que sa logique est vraiment logique malgré toutes les horreurs qu’il fait autour de lui. C’est un personnage tellement tourmenté, donc très riche en émotions. Ça me hante dans mon quotidien, je n’arrête pas d’y penser.  Certaines personnes qui me croisent sur la rue doivent même se demander si je ne suis pas un peu fou en me voyant me parler à moi-même en marchant. Je n’ai aucune idée de la réaction qu’auront les spectateurs en voyant cette pièce, mais chose certaine, ils ne pourront pas rester indifférents.

J’ai une confiance absolue en Gill pour la direction qu’il donne à la pièce. Dès le début du travail, sa vision était très claire. C’est une des raisons pour laquelle j’aime travailler avec lui. On plonge rapidement dans l’interprétation. On enchaîne, on enchaîne et on enchaîne. Le souffle du spectacle se précise de jour en jour et on se sent prêt à le livrer au public lors de la première représentation.

Bref, le travail avance très bien. La musique devrait arriver bientôt et ca c’est une particularité que j’aime beaucoup. L’univers se précise de plus en plus, la folie grandit aussi de plus en plus et le stress, ou plutôt l’adrénaline, ne devrait pas tarder à arriver.

Que j’ai hâte!!!!

Christian Michaud

Jeudi, le 21 Janvier 2010

BLOGUEUSE INVITÉE : MARIE GIGNAC

Le jeudi 21 janvier 2010. Ce soir, c’est la grande première de Henri IV. Nous avons eu, mardi et mercredi, deux représentations qui sont considérées comme des avant-premières, mais pour les acteurs, la glace est déjà brisée, la rencontre avec le public a lieu et, ma foi, ça se passe plutôt bien. Nous sommes encore à fignoler des petits détails, mais, dans l’ensemble, le spectacle est prêt. C’est rare que je dis ça et ça me fait un peu peur. Superstition? Évidemment, il est toujours possible d’aller plus loin mais nous sommes arrivés à un résultat à la mesure du temps de travail qui nous était imparti. C’est peut-être la durée du spectacle qui a fait la différence : 1h40, c’est plutôt court comparé aux 2h30 de Cyrano ou des Mains Sales.

C’est un projet qui était dans l’air depuis un bon bout de temps. Au moment de le mettre en œuvre, nous avons néanmoins cherché longtemps… le bon casting, le bon décor, les bons costumes etc. J’ai beaucoup travaillé sur le texte, qui n’est pas toujours limpide;  d’abord seule, puis avec Roland Lepage, qui connaît l’italien, puis avec les acteurs. Michel Gauthier a fabriqué trois maquettes successives et Vanessa a proposé plusieurs approches différentes pour les costumes. J’avais parfois l’impression d’être dans le brouillard. Et puis, soudain, tout s’est mis en place et je pense maintenant avoir fait les bons choix. Le travail technique dans le théâtre, qui se fait les derniers jours, a été beaucoup moins complexe que ce que je craignais. Il faut dire que les concepteurs, les acteurs et les techniciens sont des vrais pros, généreux et bourrés de talent. Donc, gestation difficile mais accouchement sans douleur!

La douleur, en ce moment, elle est ailleurs. Nous avons le privilège de vivre dans un pays riche, et de pouvoir pratiquer notre art. Ce n’est pas facile, nous travaillons dur, nous manquons souvent de temps, nos ressources sont limitées, nous gagnons peu, nous sommes soumis à beaucoup de pression et d’insécurité. Mais quand on voit l’enfer haïtien, on peut être tenté de trouver nos métiers futiles, nos difficultés insignifiantes, et de douter de notre utilité.

Je n’ai pas de réponse. Mais je sais que la réponse ne se trouve pas dans le fait de troquer la création contre l’inaction ou le découragement. Nous ne pouvons que faire notre boulot avec le plus de conviction et de passion possible. Essayer de créer la beauté, de générer la joie, de provoquer l’émotion et la réflexion, en contrepoids, peut-être, à l’incompréhensible souffrance. Les humains ont besoin de boire et de manger, de se reproduire, et aussi de se représenter. De s’exprimer. Ils ont besoin de l’art pour transcender la souffrance, toutes les souffrances inhérentes à la condition humaine. D’ailleurs, même affamés, assoiffés, terrorisés, les Haïtiens chantent. Nous unissons notre chant au leur.

Marie Gignac

Vendredi, le 11 Décembre 2009

Du grand jeu pour 2010.

Nous voilà déjà à la mi-saison théâtrale, à la fin d’un automne rempli de grandes aventures et au début d’un hiver très prometteur.

Je profite de cet espace pour remercier tous les artistes, les artisans et les spectateurs qui ont contribué à la réussite de nos deux premières productions : Reconnaissance, la création du Théâtre Niveau Parking dirigée par Michel Nadeau et le surprenant et dérangeant Macbett d’Ionesco, vu par notre metteur en scène invité Diego Aramburo. Ces deux spectacles ont largement dépassé nos espérances. Vous avez été curieux et friands de nouvelles aventures théâtrales. Merci d’avoir été au rendez-vous.

Durant les 24 représentations de Macbett et toutes ces rencontres enrichissantes avant et après les spectacles, j’ai senti votre grand intérêt et votre enthousiasme face à cette œuvre qui en a questionné certains. Pour ma part, je faisais un retour sur scène à titre de comédien. J’ai constaté une fois de plus tous les efforts que nous déployons pour vous offrir des spectacles de grande envergure. Je me suis alors demandé : d’où nous vient cet étrange désir de dépenser une énergie folle pour ce qui n’est qu’un jeu ? Je crois que nous gardons tous un côté gamin en nous. Comme cet enfant qui s’amuse dans la rue, nous ne voulons jamais mourir car nous voulons jouer toujours. Le jeu nous garde en vie! Henri IV, qui s’amène au Trident en janvier, en témoigne.

Par la suite, Caligula ainsi que Mgr Charbonneau et Duplessis vous attendent. Ils ont hâte de vous raconter leurs histoires d’amour, de passion et de guerre.

Je vous souhaite un bon temps de repos et de célébrations. Revenez-nous en grand nombre en 2010, l’année du début des festivités entourant les 40 ans du Trident.

Merci de votre fidélité et de votre soutien. Ainsi, nous pouvons continuer de jouer du grand théâtre au Trident.

Gill Champagne

Jeudi, le 26 Novembre 2009

Blogueur invité : Diego Aramburo !

Mettre en scène une comédie noire qui s’intitule Macbett est risqué, non seulement en raison de la superstition qui entoure ce nom (en réalité, avec le Macbeth de Shakespeare), mais aussi parce que cette pièce est associée à Ionesco, un auteur peu monté car considéré par plusieurs comme “maudit”. D’où vient cette croyance? D’un côté, ses pièces les plus comiques sont souvent caricaturées à l’extrême, ce qui fait qu’il y a un danger de tomber dans le théâtre amateur. D’un autre côté, ses œuvres les plus obscures sont souvent traitées purement comme une comédie ou une tragédie alors que, selon moi, elles sont un savant mélange des deux.

Il y a de la comédie dans les plus tristes moments de nos vies et de la tragédie dans nos moments les plus heureux. Rien n’est purement noir ou blanc. C’est avec cette approche que nous avons travaillé notre Macbett. J’en suis fier puisqu’il confronte le spectateur. Pour moi, c’est ça le plus important dans l’art : déstabiliser ce dernier, le faire réfléchir un peu. Dans cette mise en scène, nous avons placé la tragédie contemporaine du pouvoir dans un quotidien où tout événement tragique est devenu normal. C’est ce qui se produit lorsque nous regardons les informations à la télévision. Les images les plus scandaleuses ne nous atteignent plus. Principalement utilisé pour le divertissement, ce petit écran semble agir comme un filtre, présentant froidement et de manière distante la plus terrible des nouvelles.

Cela a été un plaisir de voir la façon dont les acteurs ont composé avec ce ton ironique. Au départ, ils ont eu la même réaction que certains spectateurs : est-ce cela du Ionesco ? Devons-nous être aussi indifférents face à cette situation ? Je leur répondais : « Oui! C’est cela Ionesco ! Les tragédies actuelles ne nous font plus pleurer. » Chaque membre de l’équipe a trouvé le ton juste et l’accueil magnifique que le public nous réserve à chaque soir en témoigne et me ravit. L’expérience a été intense pour tous et continue à l’être à chaque représentation.

C’est une chance que cette œuvre d’art vivante soit aussi en vie ! Pour tout cela, merci encore à Gill, à Francine, au Trident, aux concepteurs, aux techniciens, à chaque acteur et merci aux spectateurs de Québec, cette ville qui m’est si chère !

Diego Aramburo

Mardi, le 10 Novembre 2009

Blogueur invité : Nicola-Frank Vachon !

Déjà une semaine de passée dans cette formidable et unique aventure qu’est Macbett au Trident ! Tout se passe à merveille, et c’est avec bonheur que j’incarne mon personnage à chaque soir. On sent chez tous les membres de l’équipe une fierté, un enthousiasme très tangible de participer à ce spectacle. Déjà, au début du travail avec Diego, nous avions tous le sentiment déboussolant de nous engager dans l’inconnu et que quelque chose de très spécial se préparait. À la veille de la première, j’étais très impatient de connaître la réaction du public. J’avais hâte de pouvoir enfin mettre à l’épreuve cet univers que nous avons tous créé ensemble avec l’aide du metteur en scène fantastique qu’est Diego. Il a su nous amener hors des sentiers battus et hors de nos zones de confort, et ce avec une rigueur et une précision admirable. J’ai été très touché par sa volonté, tout au long du travail, d’être fidèle à l’humanité des personnages et d’éviter la caricature d’une trop grande théâtralité. Je suis d’ailleurs heureux de le voir avec nous à chaque soir de représentation. J’ai aussi le plaisir de partager les coulisses et la scène avec Gill, qui m’a souvent dirigé ces dernières années en tant que metteur en scène.

J’adore entrer dans la peau de Macbett et cheminer à chaque soir dans ce parcours qu’est le sien, de la ferveur patriotique et aveugle à la déchéance entraînée par la trop grande soif de pouvoir. Le jeu de miroir entre les différents personnages dépasse pour moi les limites du récit ; il rejoint le cœur de tous les hommes, ses failles, son humanité. Quelque soit l’époque, l’endroit, nos avoirs, nous serons toujours tous et toutes vulnérables à ce désir de vouloir contrôler les choses. Un désir qui, pour moi, prend racine dans l’inconfort et la peur d’être mortel, d’être soumis à l’incertitude, aux intempéries d’un monde qui nous dépasse et nous subjugue. « Ce sont les événements qui règnent sur l’homme, non point l’homme sur les événements » dit lucidement Macbett au cœur de sa folie.

Au début du travail, j’avais peur de cette dernière scène. Peur d’entrer dans la tête d’un fou. N’ayant pas le choix d’y aller et guidé dans cette forêt sombre par Diego , j’ai peu à peu réalisé que j’étais intime avec cette folie, que nous le sommes tous, que ce désarroi est en chacun de nous, enterré quelque part sous nos certitudes. La soif du pouvoir, du contrôle, se retrouve dans toutes les sphères de l’humanité, de la politique internationale aux plus intimes renforts de notre être. Même si, par exemple, je n’ai pas d’ambitions politiques, ou carriéristes, même si je n’ai pas cette soif d’être connu et reconnu, je cherche secrètement à ce que les autres m’aiment et m’apprécient, je cherche à éviter la maladie et la mort, à avoir le plus grand contrôle possible sur ma vie et le chemin que je veux qu’elle prenne. En tant que comédiens, nous sommes tous pris avec ce paradoxe, c’est-à-dire celui de vouloir bien interpréter, et en même temps celui de ne pas être trop volontaire, mais plutôt de s’abandonner, de faire confiance à l’intelligence du jeu, au texte, au metteur en scène.

Personne ne tarde trop à réaliser que plus on cherche à contrôler les choses, plus elles nous échappent. J’ai l’image de cette tour que nous cherchons à construire le plus haut possible afin d’avoir un œil sur le plus grand nombre de choses possibles. Mais plus la tour s’élève, plus elle est fragile, plus on est seul et plus le risque de la chute est grand, plus on a peur de cette chute.

C’est un privilège pour moi de jouer dans ce spectacle et d’incarner avec tout le reste de l’équipe la grande humanité qu’on y retrouve. De la redécouvrir comme chaque nouveau spectateur à chaque soir. J’essaie de profiter de cette chance, car je sais trop bien que tout s’achèvera très vite. Voilà donc la leçon de Macbett à retenir pour moi : le lâcher-prise.

Ah oui, petite anecdote. Ma copine et moi nous sommes achetés une petite chatte. Nous l’avons baptisée Nina… Simone, en l’honneur de la pièce musicale de la chanteuse du même nom qui se retrouve dans la pièce de théâtre. Quoi ? Je n’allais tout de même pas l’appeler Lady Macbett ! Je vous laisse avec quelques photos que j’ai prises dans les coulisses entre deux scènes. Je vous invite également à visiter mon propre blogue photo, pour les intéressés. http://nfvphotography.wordpress.com

Nicola

Mardi, le 20 Octobre 2009

MACBETT

Comme vous l’avez peut-être remarqué, je vous ai moins écrit ces derniers temps. Je voulais laisser la place à mes invités de la production Reconnaissance, qui vient de se terminer, mais aussi, c’est que je suis en répétition…comme acteur. Hé! oui, je reviens au jeu après cinq ans d’absence. J’adore l’expérience de Macbett. J’adhère entièrement à la vision du metteur en scène, Diego Aramburo, directement débarqué de Bolivie sur les ailes des mots d’Ionesco. J’apprécie jouer avec des gens que j’ai l’habitude de diriger à titre de metteur en scène. L’expérience est très différente puisque j’ai un seul personnage sur lequel me concentrer et non pas toute une distribution à guider. Je suis aussi pas mal occupé à bâtir la prochaine saison du Trident. La quarantième! Et il faut fêter cela en grand! Mes choix de pièces sont faits et il me reste quelques artistes à trouver. Je vous annonce le tout le 6 avril 2010. Soyez patients… En attendant, j’espère que vous viendrez voir Macbett d’Ionesco, auteur qui entre pour la première fois au Trident à partir du 3 novembre.

Je vous souhaite un bel automne.

Mardi, le 06 Octobre 2009

Blogueur invité : Steve Gagnon !

Nous sommes à la moitié du parcours et je trouve que ça va très bien! Ce qui m’impressionne le plus depuis le début, c’est à quel point les applaudissements sont chaleureux et sincères, à tous les soirs. C’est ce qui me fait le plus plaisir; voir l’élan avec lequel le public applaudit à la fin du spectacle. Je vous jure que c’est très touchant pour nous, sur scène, de recevoir ça.

Donc, jusqu’à maintenant, cette rencontre avec le public nous rend tous très heureux. Les soirs de la première semaine, nous étions plus nerveux, à savoir comment le public réagirait, comment il recevrait ce spectacle…. Mais nous voilà maintenant rassurés et nous avons un grand plaisir, toute la gang ensemble, à jouer ce spectacle-là, que nous connaissons bien puisque ça fait plusieurs mois que nous y travaillons. Comme nous avons improvisé les personnages, ils nous sont plus familiers, les situations aussi, ce qui fait qu’on peut s’abandonner et faire confiance à tout ce travail-là qui a été fait.

De mon côté, le personnage de François me touche énormément. J’aime son désir de vivre et son besoin de le dire, sa passion (toutes des choses qui font que, selon moi, ce n’est donc pas une tentative de suicide, mais plutôt un accident…). Je me reconnais dans son impulsivité et son caractère (en un peu moins intense quand même…) et la relation avec ses parents, bien que pas évidente, est vraie, sincère, maladroite et remplie d’amour.

J’aime et j’admire les gens avec qui je fais ce spectacle. Et tous les soirs, pendant le salut, je pense à la chance que j’ai de me retrouver là, avec ma blonde Claudiane, sur les planches du théâtre où nous étions abonnés quand on avait 15 ans, au milieu de ces comédiens et de ces humains supers qui m’inspirent tous; Hugues, pour sa grande simplicité et son talent. Lorraine, pour sa force, son énergie immense (dans la vie et sur scène) et toutes ses histoires plus surprenantes ou plus drôles les unes que les autres. Valérie, parce qu’elle semble avoir du talent dans tout, pour sa pertinence et parce qu’elle est vraiment «smath». Sylvio, pour sa spiritualité et son ouverture d’esprit. Patric, pour son calme rassurant et parce que je pense qu’il est toujours très authentique. Michel, pour sa sensibilité, son sang-froid et ses maudits yeux qui font capoter toutes les filles et dont tous les gars sont jaloux. Claudiane, parce qu’elle est belle et qu’elle est 15 fois plus zen que moi.

En tout cas, je suis excessivement heureux et chanceux d’être là et ça me fait réellement plaisir de voir que le public, de façon générale, est touché par toute l’humanité que Michel a su mettre dans les mots, dans les images. Cette humanité qui se traduit par l’amitié, le respect, le fait de prendre le temps. Celle avec laquelle nous avons travaillé, celle qui nous porte et nous touche nous aussi, le soir, quand on fait ce spectacle. Vive cette communion qu’il y a le soir et qui commence quand le public entre dans le théâtre et que les acteurs se placent en coulisses. Je suis fier de faire un métier qui consiste à réunir 200 ou 350 ou 500 personnes, juste pour prendre le temps de se raconter ce qu’on est et de se dire qu’on n’est pas tout seul.

Soyons vivants!
Steve Gagnon

Mardi, le 22 Septembre 2009

Blogueur invité : Hugues Frenette !

Je suis membre du Théâtre Niveau Parking depuis 10 ans et j’en suis, avec Reconnaissance, à ma troisième création collective. J’étais aussi de la production Les mots fantômes et Lentement la beauté, toutes deux présentées ces dernières années au Théâtre Périscope et en tournée à travers le Québec. Depuis le succès Un sofa dans le jardin en 1988, notre compagnie n’a cessé de privilégier cette forme de création qui débute avec des séances d’improvisation, puis des périodes d’écriture dans une sorte de collégialité où chacun des membres est mis à contribution. Reconnaissance est l’aboutissement de deux ans de ce travail méticuleux.

Nous aimons explorer l’intime et la manière dont le monde et l’environnement chaotique influent sur lui. Dans Reconnaissance, paternité et maternité sont confrontés à des épreuves qui, bien qu’accidentelles, paraissent presque infranchissables ; elles serviront de détonateur à la majorité des situations dramatiques illustrées. S’ajoute à cela une réflexion sur notre pratique, sur ce qu’elle apporte à notre société et au genre humain en général : nécessité de transmettre une parole, de susciter la réflexion, d’émouvoir mais aussi d’amuser notre contemporain. Pour cela, nous nous servons de textes dramatiques aux résonances millénaires : pour Reconnaissance c’est du Hamlet de Shakespeare qu’il s’agit alors que pour Lentement la beauté nous évoquions déjà Les Trois Soeurs de Tchekhov.

Étonnement, bien que répondant à des impératifs du plus en plus exigeants, ce cheminement collectif parvient à des résultats sans trop de heurts ni de difficultés. Jusqu’aux derniers instants précédant la première il y aura des modifications de texte, de déplacement et chaque détail de la production sera scruté à la loupe pour que la cohérence soit de mise. Seront mis à contribution, bien sûr, les membres de la compagnie qui participent au projet, soient Michel Nadeau, Lorraine Côté et moi-même, mais aussi les « mercenaires », tels que nous appelons les acteurs invités : Patric Saucier, Valérie Laroche, Sylvio Arriola, Steve Gagnon et Claudiane Ruelland. Tout cela dans le respect de chacune des visions et sous la supervision de Michel Nadeau, le directeur artistique.

En mon nom personnel et au nom des compagnies qui produisent ce spectacle, le Théâtre Niveau parking et le Théâtre du Trident, j’espère que vous reconnaîtrez dans cette pièce un peu de votre humanité et qu’elle vous permettra de célébrer, avec nous, la grandiose fragilité de celle-ci. Bon théâtre !
Hugues Frenette

Jeudi, le 17 Septembre 2009

ENVIE DE JOUER?!?!

Je tiens d’abord à remercier tous ceux et celles qui m’ont fait part de leurs idées concernant les textes et les auteurs qu’ils aimeraient revoir au Trident pour son 40e anniversaire.

Comme vous le savez peut-être, à chaque année, depuis maintenant 14 ans, le Trident organise sa soirée-bénéfice : Les Mécènes sur les planches du Trident. Cet événement regroupe des gens du monde des affaires et certains particuliers passionnés qui vont, pour un soir, fouler la scène du Trident. Ils sont dirigés par moi-même et sont entourés d’artistes professionnels créateurs de costumes, de décors et de maquillages. En tout, il y a toujours une vingtaine de joueurs qui participent en y mettant tout leur cœur. Nous sommes présentement à la recherche de partenaires qui aiment le risque et qui ont un talent caché ou qui rêvent de jouer au Trident, pour compléter l’équipe d’interprètes.

Cette année, la soirée se passera en forêt, où habitent des personnages qui ont marqué l’enfance de plusieurs générations. Avec leurs aventures rocambolesques, ils nous feront rire à coup sûr.

Si vous avez envie de faire partie de cette troupe de passionnés en investissant un peu de votre temps, vous aurez la chance de découvrir l’envers d’une production de théâtre et surtout la chaleur du public. Vous contribuerez ainsi au financement du Trident et lui permettrez de vous offrir de grandes productions avec de grandes distributions. Du grand théâtre au Trident.

Si l’aventure vous intéresse, contactez-nous pour connaître les règles du jeu ou consultez notre site internet section « Mécènes et partenaires ».
En terminant, je vous rappelle que Reconnaissance, la toute nouvelle création de Michel Nadeau et son équipe du Théâtre Niveau Parking prendra l’affiche dans quelques jours. J’ai hâte de vous y rencontrer.
En attendant je vous souhaite une excellente année théâtrale et j’espère pouvoir vous guider dans votre interprétation, lors de notre prochaine activité-bénéfice! 

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