Mardi, le 20 Octobre 2009
Comme vous l’avez peut-être remarqué, je vous ai moins écrit ces derniers temps. Je voulais laisser la place à mes invités de la production Reconnaissance, qui vient de se terminer, mais aussi, c’est que je suis en répétition…comme acteur. Hé! oui, je reviens au jeu après cinq ans d’absence. J’adore l’expérience de Macbett. J’adhère entièrement à la vision du metteur en scène, Diego Aramburo, directement débarqué de Bolivie sur les ailes des mots d’Ionesco. J’apprécie jouer avec des gens que j’ai l’habitude de diriger à titre de metteur en scène. L’expérience est très différente puisque j’ai un seul personnage sur lequel me concentrer et non pas toute une distribution à guider. Je suis aussi pas mal occupé à bâtir la prochaine saison du Trident. La quarantième! Et il faut fêter cela en grand! Mes choix de pièces sont faits et il me reste quelques artistes à trouver. Je vous annonce le tout le 6 avril 2010. Soyez patients… En attendant, j’espère que vous viendrez voir Macbett d’Ionesco, auteur qui entre pour la première fois au Trident à partir du 3 novembre.
Je vous souhaite un bel automne.
Mardi, le 06 Octobre 2009
Nous sommes à la moitié du parcours et je trouve que ça va très bien! Ce qui m’impressionne le plus depuis le début, c’est à quel point les applaudissements sont chaleureux et sincères, à tous les soirs. C’est ce qui me fait le plus plaisir; voir l’élan avec lequel le public applaudit à la fin du spectacle. Je vous jure que c’est très touchant pour nous, sur scène, de recevoir ça.
Donc, jusqu’à maintenant, cette rencontre avec le public nous rend tous très heureux. Les soirs de la première semaine, nous étions plus nerveux, à savoir comment le public réagirait, comment il recevrait ce spectacle…. Mais nous voilà maintenant rassurés et nous avons un grand plaisir, toute la gang ensemble, à jouer ce spectacle-là, que nous connaissons bien puisque ça fait plusieurs mois que nous y travaillons. Comme nous avons improvisé les personnages, ils nous sont plus familiers, les situations aussi, ce qui fait qu’on peut s’abandonner et faire confiance à tout ce travail-là qui a été fait.
De mon côté, le personnage de François me touche énormément. J’aime son désir de vivre et son besoin de le dire, sa passion (toutes des choses qui font que, selon moi, ce n’est donc pas une tentative de suicide, mais plutôt un accident…). Je me reconnais dans son impulsivité et son caractère (en un peu moins intense quand même…) et la relation avec ses parents, bien que pas évidente, est vraie, sincère, maladroite et remplie d’amour.
J’aime et j’admire les gens avec qui je fais ce spectacle. Et tous les soirs, pendant le salut, je pense à la chance que j’ai de me retrouver là, avec ma blonde Claudiane, sur les planches du théâtre où nous étions abonnés quand on avait 15 ans, au milieu de ces comédiens et de ces humains supers qui m’inspirent tous; Hugues, pour sa grande simplicité et son talent. Lorraine, pour sa force, son énergie immense (dans la vie et sur scène) et toutes ses histoires plus surprenantes ou plus drôles les unes que les autres. Valérie, parce qu’elle semble avoir du talent dans tout, pour sa pertinence et parce qu’elle est vraiment «smath». Sylvio, pour sa spiritualité et son ouverture d’esprit. Patric, pour son calme rassurant et parce que je pense qu’il est toujours très authentique. Michel, pour sa sensibilité, son sang-froid et ses maudits yeux qui font capoter toutes les filles et dont tous les gars sont jaloux. Claudiane, parce qu’elle est belle et qu’elle est 15 fois plus zen que moi.
En tout cas, je suis excessivement heureux et chanceux d’être là et ça me fait réellement plaisir de voir que le public, de façon générale, est touché par toute l’humanité que Michel a su mettre dans les mots, dans les images. Cette humanité qui se traduit par l’amitié, le respect, le fait de prendre le temps. Celle avec laquelle nous avons travaillé, celle qui nous porte et nous touche nous aussi, le soir, quand on fait ce spectacle. Vive cette communion qu’il y a le soir et qui commence quand le public entre dans le théâtre et que les acteurs se placent en coulisses. Je suis fier de faire un métier qui consiste à réunir 200 ou 350 ou 500 personnes, juste pour prendre le temps de se raconter ce qu’on est et de se dire qu’on n’est pas tout seul.
Soyons vivants!
Steve Gagnon