À propos | Au cœur du Trident

Radio-Théâtre

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DES FRAISES EN JANVIER

D'Evelyne de la Chenelière

Mise en scène: Maryse Lapierre

Distribution: Hugues Frenette, Jean-Michel Girouard, Sophie Dion et Mary-Lee Picknell

Musique: Patrick Ouellet

Réalisation: Francis Legault et Jocelyn Lebeau

Une production du Théâtre du Trident

Sophie et François sont colocataires. Sophie est également le personnage central de l’histoire que François invente et qu’il raconte à la fois au public et à Robert. Robert, lui, a connu une Léa qui a un fils dénommé François et qui cherche une amie du nom de Sophie. François présente Sophie à Robert sous le nom de Geneviève pour que Robert n’établisse pas de lien entre celle-ci et la fille du scénario que François lui a donné à lire. Semés avec un plaisir évident, les croisements se poursuivent, entrelaçant le réel des protagonistes et les fictions qu’ils élaborent. On joue entre le vrai et le faux dans une pièce tonique, savoureuse et pleine de sensualité.

Écoutez le radio-roman sur l'application Radio-Canada OHdio.

Portraits des créateurs

Evelyne de la Chenelière

Evelyne de la Chenelière est née a et grandit dans les beaux quartiers de Montréal. À 17 ans, elle quitte pour Paris et entame des études en lettre à la Sorbonne, puis en interprétation à l’école de Michel Granvale. Après 3 ans en France, elle revient à Montréal avec une urgence de créer, d’écrire. Jean-Pierre Ronfard, directeur artistique du Nouveau Théâtre Expérimental, lui permettra de faire ses débuts comme comédienne et dramaturge. En 1999, Evelyne de la Chenelière a 23 ans lorsqu’elle écrit Des fraises en janvier, destinée d’abord pour de théâtre d’été à Carleton, mais qui sera présentée chaque année depuis, à travers le monde. Après avoir été accueillie au Nouveau Théâtre Expérimental, elle a aussi réalisé des résidences d’écriture au Théâtre du Nouveau Monde puis à l’Espace Go.

Maryse Lapierre

Maryse Lapierre est comédienne et metteure en scène. Elle a étudié au Conservatoire d’art dramatique de Québec et depuis sa sortie en 2003, elle a joué dans une vingtaine de productions. En 2012, elle met en scène L’hiver dedans, son propre texte, gagnant de la bourse Première œuvre et sélectionné dans la catégorie du meilleur spectacle de la relève. Elle a également dirigé la pièce Hypo, de Nicola-Frank Vachon, pour laquelle elle a été nommée pour la meilleure mise en scène aux Prix Théâtre 2018. Sur sa feuille de route on retrouve les spectacles Mme G, Extras et ordinaires ainsi que Terre promise, tableau conçu avec son complice Maxime Beauregard-Martin dans le cadre du parcours déambulatoire Où tu vas quand tu dors en marchant ?... Au cours de la dernière saison théâtrale, elle a signé la mise en scène du spectacle Les Plouffe présenté au Théâtre du Trident ainsi que Noms fictifs, d’Olivier Sylvestre, présenté par les finissants du Conservatoire d’art dramatique de Québec.

Patrick Ouellet

Après 14 ans de formation musicale dans sa Gaspésie natale, puis à Montréal, Patrick Ouellet fait le Conservatoire d’art dramatique de Québec en jeu, de 1997 à 2000. Depuis, les productions musicales et théâtrales défilent : une trentaine comme acteur, interprète musical et compositeur. Au Trident, on l’a vu dans une dizaine de productions dont Thérèse et Pierrette à l’école des Saints-Anges, La Nuit des rois, L’Opéra de quat’sous, Jacques et son maître et Le Bourgeois gentilhomme. Comme compositeur, au théâtre, il était en nomination pour ses musiques de Frank, le garçon boucher, La robe de Gulnara et Frontières. Il a finalement remporté le Prix Bernard Bonnier (2014) pour la musique originale de Détour de chant, spectacle créé par sa compagnie, Campe. Parallèlement, depuis 2004, il enseigne la voix et la formation auditive et vocale pour l’acteur au Conservatoire d’art dramatique de Québec.

Entretien avec les créateurs

Rencontre avec Maryse Lapierre et Patrick Ouellet

Comment cette proposition est arrivée dans vos vies ?

Quelque part pendant le confinement?

Comment avez-vous accueilli la proposition ?

M.L. J’avais hâte de voir comment le Trident allait réagir. Je l’ai reçu avec beaucoup d’enthousiasme. J’ai trouvé l’idée du radio-théâtre, de travailler avec des professionnels de Radio-Canada, de métisser la radio et le théâtre super stimulant. C’est quelque chose que je n’avais jamais fait. Nous avons été les premiers à revenir répéter! Quand on est arrivé, tout le monde masqué, on s’est sentis comme des résistants culturels. Ce qui est ressorti à la fin du projet, c’est que ça nous a tous fait vraiment beaucoup de bien. D’être ensemble, de créer quelque chose ensemble, ça remonte le moral beaucoup.

P.O. J’ai toujours aimé les lectures pour leur capacité à marquer l’imaginaire des spectateurs et je trouve qu’on en fait moins maintenant. Je trouvais la proposition de radio-théâtre vintage, mais aussi tout à fait dans l’air du temps de revenir à l’oreille et l’imaginaire du public. On le fait par la force des choses, mais on n’est pas du tout à contre-courant. On l’a aussi vu comme une opportunité de créer de nouvelles équipes et de nouvelles collaborations, ce qui est toujours très stimulant pour la créativité.

Est-ce que les nouvelles contraintes ont amené de nouvelles réalités de création ?

M.L. Nous ne pouvions pas approcher les micros des comédiens et établir de réels contacts entre les personnages. Par exemple pour faire le toast, les comédiens ne peuvent pas s’approcher pour le faire ensemble. Toutefois, les micros et le casque d’écoute pendant l’enregistrement permettent d’ajouter au sentiment de proximité, malgré que les comédiens étaient tous très loin dans la pièce. Ce qui est beau aussi avec ce projet en ce moment, c’est que le spectateur peut retrouver un sentiment de très grande proximité, ce qui nous a tous manqué beaucoup!

C’était quoi le défi du radio-roman par rapport à une mise en scène traditionnelle ?

M.L. C’est un texte intelligent, qui contient beaucoup d’humour, mais qui est aussi sensible et doux. J’aime beaucoup la théâtralité du texte. Les permissions que l’autrice s’est données de sauts dans le temps par exemple. Un comédien peut être en train de parler, mais partager l’espace scénique avec un autre personnage qui n’est pas dans le même temps que le premier. On peut facilement se l’imaginer sur scène, mais on s’est posé beaucoup de questions pour rendre ça clair à l’audio.

P.O. Le défi a été de garder cette théâtralité, mais sans l’image ni les autres aspects scéniques.

M.L. Il fallait aussi penser au micro, prévoir les moments où on pouvait jouer avec les effets que le micro ajoute contrairement à la scène. L’enregistrement et le montage permettent aussi de faire reprendre certains passages spontanément par les comédiens.

P.O. Contrairement aux autres radios-théâtre qui ont été fait dans les derniers mois à partir de pièce déjà montée, nous, on partait de zéro. Nous avions donc cinq jours pour préparer un spectacle d’aussi bonne qualité que ceux qui ont déjà été joué sur scène sans avoir la même maitrise du texte et la même complicité entre les comédiens. Certains comédiens ont hâte de tout apprendre pour se débarrasser du texte, mais ici il s’agit justement d’un projet de texte, il fallait donc que les comédiens l’apprivoisent le plus possible.

Comment faire pour donner une troisième dimension à la lecture?

La spatialité du texte

M.L. Je leur ai dit qu’ils avaient le droit d’être vivants, ils avaient le droit de bouger puisque tout ça donne du mouvement à la parole. Nous nous sommes aperçus qu’il était important pour chacun des comédiens de se faire leur cinéma, de se visualiser dans l’espace les uns par rapport aux autres et par rapport à la position du personnage aussi, s’il est assis ou debout. De savoir dans quel espace se déroule la scène, aussi; elle n’est pas jouée de la même manière, l’énergie entre les acteurs est différente. Il faut toujours s’imaginer physiquement dans l’espace.

P.O. Même au niveau du son, nous avons pris certaines directions, parfois le comédien se recule du micro ou se tourne pour qu’on entende aussi le changement d’espace. Imaginer l’espace dans lequel la scène est jouée influence beaucoup l’énergie entre les personnages.

La conception musicale

P.O. Il fallait faire ressortir la lumière, la beauté et l’humanité brute présente dans l’histoire. Il fallait accompagner cette légèreté et accompagner le doute des personnages avec une musique qui doute aussi. Le piano vient appuyer le réalisme magique, l’histoire dans l’histoire. La musique devient l’outil principal pour nous faire entendre la théâtralité du texte, nous faire basculer d’une réalité à une autre, nous élever du premier niveau de la réalité des personnages. Nous nous sommes beaucoup questionnés afin de déterminer où elle apparait, à quel moment. C’est le travail du concepteur de trouver où il y a aura de la musique, mais aussi où il n’y en aura pas.

M.L. On s’est aussi amusé à intégrer certains bruitages. Nous avons choisi d’intégrer ceux qui étaient proches du corps des comédiens, proche des personnages. Le travail final de réalisation appartient aux réalisateurs de Radio-Canada qui ajouteront probablement quelques bruits ambiants par-dessus.

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