Texte : Yukio Mishima - Traduction : André Pieyre de Mandiargues - Mise en scène : Martine Beaulne
Crédit photo : Portrait inspiré de la photographie d'Éva Daigle (crédit:Gordan Dumka), Illustration: Gill Champagne, Reproduction photo: Stéphane Bourgeois - Design: diese.ca
Alors que son mari, le Marquis de Sade, est emprisonné à moult reprises, Madame de Sade, épouse de l'illustre libertin, lui demeure fidèle. Autour de son absence, dans un salon du XVIIIe siècle, six femmes, incarnant chacune une vertu ou un vice, s'épanchent en conjectures sur le retour espéré du débauché personnage en quête d'absolu. L'épouse, sa mère et sa sœur, une amie d'enfance, une courtisane et une femme de chambre nous présentent des vérités qui transcendent les préjugés et nous proposent une réflexion sur les vertiges de la liberté. Un texte sensible et nuancé qui met de l'avant des dialogues enflammés où s'entremêlent la douceur de l'amour et la cruauté des coups de fouets.
Né sous le nom de Kimitake Hiraoka, Yukio Mishima est issu de la campagne japonaise et vivra toute son enfance avec une grand-mère, fière descendante d'une lignée de samouraïs, qui ne lui permet que des contacts limités avec le monde extérieur. Déjà, l'enfant fragile et discret compose de nombreuses poésies et subit l'influence artistique de sa gardienne qui lui transmet une passion enflammée pour le théâtre traditionnel japonais, le kabuki. C'est en 1941 qu'il publie son premier roman, La forêt toute en fleurs, sous un pseudonyme qui deviendra son nom d'artiste. Traditionaliste, il publie au sein de la revue littéraire Ningen et défend le mode de vie des samouraïs avec un nationalisme virulent. La vie de l'auteur connaîtra une fin abrupte le matin du 25 novembre 1970 lorsqu'il prononcera, après avoir pris des otages, un discours en faveur de la restauration d'un Japon traditionaliste et mettra fin à ses jours en se faisant hara-kiri.
Diplômée du Conservatoire d'art dramatique de Montréal en 1975, Martine Beaulne mène depuis une carrière pluridisciplinaire : elle est à la fois comédienne, metteure en scène et professeure de l'École supérieure de théâtre de l'UQAM depuis 1993. En plus d'avoir étudié la commedia dell'arte à Venise, cette montréalaise d'origine a séjourné plusieurs fois au Japon dans le but d'approfondir ses connaissances du Nô moderne et de la danse butô japonaise. C'est donc avec un intérêt tout particulier qu'elle s'intéresse aux textes de Mishima, dont elle avait auparavant monté les pièces L'arbre des tropiques et Les cinq nô modernes. Martine Beaulne est plusieurs fois boursière du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec et a récemment publié un ouvrage très personnel sur la mise en scène intitulé Le passeur d'âmes. C'est sous son regard sensible et intelligent que se déploieront les secrets cachés des femmes ayant marqué la vie du Marquis de Sade.
Crédit photo : Sophie Grenier
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