CALIGULA
Informations importantes
Texte de ALBERT CAMUS
Mise en scène de GILL CHAMPAGNE
Synopsis
Caius Augustus Germanicus, mieux connu sous le nom de Caligula, est né en l’an 12 de notre ère. Il est le fils de Germanicus et d’Agrippine l’Aînée, et succédera à son grand-oncle Tibère, en 37, à titre de troisième empereur romain. Le despotisme quasi légendaire de Caligula aurait été entre autres provoqué par une grave maladie déclarée quelque six mois après son arrivée au pouvoir, ce qui lui vaudra le titre d’« empereur fou ». Cette théorie est toutefois remise en question par plusieurs historiens modernes, et la cause de sa prétendue folie est totalement inconnue. La seule source historique dont nous disposons est un livre écrit par Suétone, La Vie des douze Césars, publié entre 119 et 122, qui relate les faits et gestes de tous les empereurs ayant eu le pouvoir de Rome entre les mains, de Jules César à Domitien. Rappelons que «César» n’est pas un homme unique de l’Histoire, mais bien un titre qui signifie «empereur». Le mot «Tsar», qui désignait un souverain bulgare, serbe ou russe, ainsi que le mot «Kaiser», applicable à un empereur allemand d’autrefois, seraient d’ailleurs tous deux dérivés du terme latin Cæsar. L’analyse historique de Suétone était paraît-il assez peu objective, ainsi le portrait de tous les Césars sont-ils horrifiants. Leur réputation est catastrophique. Celle de Caligula en particulier. Selon Suétone, son règne de quatre ans fut une succession de crimes, d’actions vicieuses et de comportements débauchés. Son pouvoir aurait surtout été marqué par une inconstance qui le poussait à des actes d’une monstrueuse incongruité. Il aurait entraîné les femmes de certains sénateurs dans la prostitution, il aurait voulu élever au rang de consul son cheval Incitatus et se plaisait même à déclarer que les greniers à blé romains étaient vides, même si cela était faux, simplement pour le plaisir de voir des émeutes se créer dans la foulée. Outre cela, pour décrire sa physionomie hideuse, Suétone utilise les termes «visage naturellement affreux et repoussant» et « corps mal proportionné ». Fou furieux, despote sanguinaire, ou jeune empereur manquant cruellement d’expérience pour gouverner et qu’un historien latin a broyé sous sa plume partisane? L’histoire ne le dira peut-être jamais… On sait au moins qu’il entretenait, comme dans la pièce, une relation incestueuse avec sa sœur Drusilla, et que la mort de celle-ci provoqua une violente amertume chez lui. Il avait comme femme Cæsonia, tuée à son tour lorsque les militaires l’assassinèrent en 41. Ce ne serait d’ailleurs pas une révolte populaire qui conduisit à sa mort, puisque Caligula, malgré les frasques qu’on lui prête, aurait réussi à conserver une certaine sympathie de la part de son peuple, entre autres en développant les jeux du cirque. Ce serait plutôt la grogne des aristocrates, de plus en plus bafoués dans leurs privilèges, qui provoqua sa chute. On dit qu’il refusait catégoriquement d’écouter ses sénateurs, gouvernait seul, poursuivant la politique de centralisation des pouvoirs (lire ici «l’absolutisme») amorcée par Auguste, premier César, à. qui cela avait plutôt bien profité. C’est Cherea, personnage important dans la pièce de Camus, qui devait mener la charge contre lui. Il était en réalité un officier de la garde prétorienne (célèbre unité de l’armée romaine, composée de soldats d’élite) soudoyé par les patriciens de Rome. Le 26 janvier 41, alors qu’il revenait d’un spectacle, Caligula fut tué. Et l’empereur Claude, mari d’Aggripine et père du futur Néron, lui succéda. Pour l’anecdote, notons qu’en latin, le nom Caligula, quoiqu’il évoque le sang et l’horreur, ne signifie que «petite sandale»…
Distribution
Christian Michaud
Ansie St-Martin
Steve Gagnon
Olivier Normand
Jean-Nicolas Marquis
Linda Laplante
Nicolas Létourneau
Caroline Stephenson
Denis Lamontagne
Krystel Descary
Conception
- Simon Lemoine : Assistance à la mise en scène et régie
- Jean Hazel : Scénographie
- Catherine Higgins : Costumes
- Sonoyo Nishikawa : Éclairages
- Yves Dubois : Musique
- Élène Pearson : Maquillage